samedi 23 février 2013

Odyssée chromatique #8 : Marron

 Bien le bonjour à tous. Aujourd'hui nous allons discourir ensemble à propos du marron, couleur extrêmement répandue mais à la réputation hélas plutôt mauvaise. Connaissez-vous une seule personne dont ce soit la couleur préférée ? Moi non. Pourtant, comme toutes les autres, cette nuance a de quoi émerveiller le plus blasé des daltonien si l'on y regarde de plus près. Omniprésente, toujours différentes, voici quelques exemples pas piqués des hannetons (ce qui est le cas de le dire, vous verrez plus loin).

 Il est des animaux dont on a plus souvent l'occasion de voir les traces que les antennes. C'est le cas du Bostryche ou Ips typographe (Ips typographus ou un de ses nombreux cousins), coléoptère connu et redouté des forestiers pour son habitude de venir loger sans vergogne sous l'écorce des arbres de culture (notamment résineux). Une fois l'écorce de l'arbre trouée, l'insecte fore une petite loge ou il attirera, par de mystérieux messages chimiques, une ou plusieurs femelles. Une fois fécondées, celles-ci s'en vont chacune de leur côté, forant le cambium devant elles et déposant régulièrement des œufs, petites bombes à retardement pour l'arbre. Quelques temps après cette première attaque, les petits écloses et s'empressent de prendre les habitudes de leurs parents : les voila parti dans tous les sens à grignoter l'arbre dont ils sortiront une fois adultes. Une fois l'écorce tombé, par suite de la mort de l'arbre ou de la branche concernée, on voit apparaitre le tracé de toutes ces mandibules sous forme de jolis dessins gravé à la surface du bois.


Voila la bête ! Ne vous parlais-je pas de hanneton ? Voici un beau spécimen de Hanneton commun (Melolontha melolontha), nom trompeur puisque cette espèce n'est plus vraiment commune de nos jours. Cible de nombreuses persécutions du fait des dégâts que ses larves causes aux cultures, très sensibles aux pesticides dont les campagnes sont joyeusement arrosées, l'espèce a vu ses populations s'effondrer au cours des décennies passées. Aujourd'hui il n'est pas très courant d'avoir le plaisir d'observer un de ces pacifique mastodonte se dandinant maladroitement dans la végétation ou volant lourdement sous la lune.


Voici un représentant d'une autre famille d'insecte bien connu : les orthoptères (c'est à dire les grillons, criquets et sauterelles). Je serais bien en peine de vous dire de quelle espèce il s'agit, la photo n'ayant pas été prise en France, ni en Europe d'ailleurs. L'animal m'est apparu au milieu du désert, perdu dans l'immensité, bien camouflé dans cet environnement ocre et gris. C'est là le plus grand criquet qu'il m’ait été donné d'observer, atteignant trente bons centimètres dans ma mémoire et plus probablement 6 ou 7 dans la réalité. Hélas il ne m'a pas laissé vérifier, préférant s'envoler plutôt que de passer sous la toise.


Encore un insecte (en l'occurence un taupin) !? Décidément, ces bestioles sont partout ! Eh oui, avec plus d'un millions d'espèces connues, les insectes sont de loin la classe la plus représentée sur terre, plus même que l'ensemble des autres classe réunies. Et les estimations sur le nombre d'espèces effectivement existantes dans le monde sont impressionnante : entre 3 millions et ... 70 millions d'espèces ! Il faut dire que l'on découvre chaque année en moyenne quelque 7000 espèces nouvelles... Thomas Eisner, grand écologiste et entomologiste, a dis à ce propos "Les insectes n'hériterons pas de la terre. Ils la possède déja.". Il a même ajouté "Il vaudrait donc mieux faire la paix avec les propriétaires."
A bon entendeur salut ! Apprenons à connaitre et à aimer toutes ces bestioles passionnantes !

mercredi 13 février 2013

Odyssée chromatique #7 : Orange

 J'ai failli oublier le orange dans mon voyage coloré ! Quelle erreur cela aurait été, les occurrences de cette couleur étant nombreuses dans la nature et souvent très esthétiques. Petit tour d'horizon.

 Le ciel a cette aimable habitude de prendre les teintes les plus variées selon l'heure ou les conditions climatiques. Un coucher de soleil et quelques nuages peuvent vous donner l'impression de vous tenir au cœur d'un volcan.

 Plus petit mais très courante, la limace rouge (Arion rufus) est bien connue des promeneurs et redoutée des jardiniers. Mais que son habitude de grignoter un peu vos plans de salade ne vous empêche pas de la regarder d'un peu plus près : une limace c'est joli. Et puis c'est marrant, si elle est contrariée elle se met en boule, comme ci-dessus.

 Les lichens font aussi parti de ces organismes courants mais injustement ignorés par la majorité d'entre nous. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer de se faire remarquer. De nombreuses espèces arborent des formes ou des couleurs exubérantes, tel que celui-ci (peut-être Xanthoria parietina). Regardez les d'un peu plus près la prochaine fois que vous sortez de chez vous, ils sont partout et ils sont souvent très très beaux dès qu'on les regarde d'un peu plus près.

 Les papillons de jours sont un des groupe d'animaux à avoir le plus adopté la couleur orange. Cette Grande tortue (si si, c'est vraiment son nom, Nymphalis polychloros pour les intimes) en est un bon exemple mais on peu également citer les mélités, les nacrés, les cuivrés et bien d'autre. Certains d'entre eux sont d'ailleurs très semblables et donc très difficiles à identifier. Dès que reviendra le printemps les premiers d'entre eux sortiront de leur cachette et nous émerveillerons en faisant clignoter le paysage de milles couleurs chatoyante.
Tenez vous prêt !

vendredi 28 décembre 2012

Odyssée chromatique #6 : Bleu

Voila une couleur assez particulière, à la fois rare et omniprésente autour de nous. Réfléchissez un peu, où trouver du bleu dans la nature ?

Deux réponses viennent à l'esprit assez vite : le ciel et l'eau. Le premier doit sa couleur à la diffusion de la lumière solaire par les molécules gazeuses de l'atmosphère, le second n'en est qu'un reflet. Ces deux éléments occupent une part primordiale des paysages terrestres, mais ce n'est pas le seul usage que mère nature a trouvé pour son pot peinture bleu.

Habitants de l'eau sus-cité, les dauphins en arborent plus ou moins la couleur selon les espèces. Ces Dauphins bleu et blanc de méditerranée (Stenella coeruleoalba) portent bien leur nom, arborant un dos gris-bleu et diverses nuances azurées le long de leurs flancs. Mais il n'est pas obligé de chercher si exotique pour trouver un peu de bleu, il y en a beaucoup plus près.

Cette libellule par exemple, l'Orthétrum brun (Orthetrum brunneum), peut se trouver dans la quasi totalité des départements de France continentale et de Corse, notamment dans le quart Sud-Est de la zone en question. Elle apprécie de nombreux habitats d'eau stagnante et courante, pondant dans des mares, gravières et fossés comme dans des ruisseaux ou des petites rivières. Elle a tout de même une préférence pour les milieux bien ensoleillés. Attention toutefois, il existe quatre espèces d'orthétrums en France et elles sont extrêmement semblables pour l'oeil non entrainé, méfiance donc, les confusions sont aisées.

Plus rare, la Rosalie des Alpes (Rosalia alpina) est un magnifique coléoptère protégé en France. D'une belle couleur gris-bleu tachetée de noir, arborant des antennes démesurées décorées de petits plumeaux noirs, l'espèce est strictement impossible à confondre. Hélas, elle n'est pas aussi courante que l'espèce précédente : on la trouve surtout dans le Sud de la France et dans les régions montagneuses (les Alpes, les Pyrénées et le Massif central). Elle est également présente en Corse et sur la côté Atlantique entre les embouchures de la Vilaine et de la Dordogne. Elle semble toutefois se promener parfois assez loin, étant alors observé à des endroits inhabituels. Méfiance donc.

Finissons sur quelque chose d'un peu moins impressionnant mais de plus mystérieux. Personne ne s'intéresse aux moisissures et autre champignons décomposeurs à part quelques savants que l'on se plait à imaginer en blouse blanche, les cheveux en pétards et arborant des lorgnons sur le bout du nez. Toujours est-il que les organismes ainsi dédaignés tentent parfois de se faire connaitre un peu, de redorer leur image. Hélas ils n'ont jamais pris de cours de communication, les pauvres, aussi ces manifestations prennent-elles souvent l'allure de discrètes tâches et croutes sur les branches mortes trainant par terre en forêt. Seul l'oeil averti ou chanceux pourra alors profiter du spectacle saisissant bien que discret de cette belle couleur bleue. Les belles choses sont souvent cachée.

Alors cherchez !

jeudi 13 décembre 2012

Odyssée chromatique #5 : Rouge

Ça flash, ça pète, ça ébloui, ça illumine ! Moins courante que d'autre couleurs le rouge n'en devient que plus visible lorsqu'il est présent, sautant parfois aux yeux de façon violente (littéralement dans le cas de quelques bestioles pas commodes). Du fait de cette visibilité importante, cette couleur n'est que très rarement utilisée en tant que camouflage ; bien plus souvent elle joue le rôle d'avertissement.

Premier exemple frappant de cet avertisseur coloré : vous aurez tous reconnu l'Amanite tue-mouche (Amanita muscaria). Devenu célèbre grâce à sa tenue flamboyante, ce champignon n'avait pourtant qu'une seule intention en se peinturlurant ainsi : indiquer aux divers herbivores peu recommandables qui trainent dans sa forêt que sa consommation serait pour eux le synonyme de plusieurs heures assez peu agréables. Et ça marche pour une bonne partie d'entre eux, même si certaines bestioles ont semble-t-il trouvés une parade : on voit régulièrement ces beaux champignons grignotés par des limaces et escargots qui ne semblent pas en souffrir outre mesure. Ça a l'estomac costaud ces bêtes là.

La Coccinelle (Coccinella septempunctata) est une autre exemple, encore plus connu, de ce phénomène appelé aposématisme. Ce terme regroupe toutes les stratégies adaptatives visant pour un organisme à émettre un avertissement clairement compréhensible par ses prédateurs afin que celui-ci ne le consomme pas. Cette stratégie est employée par de nombreux organismes sur terre, souvent avec succès. La preuve : qui d'entre vous a déjà mangé une coccinelle ?

Cette fois-ci, l'animal est moins connu, et c'est bien dommage. Si un jour vous croisez une punaise au costume rouge vif traversé de grandes rayures noires continues (et non pointillées) vous serez en présence du ravissant Graphosome italien (Graphosoma lineatum), client régulier des grandes ombellifères des talus d'été. Très visibles, elles ne se soucient absolument pas de se cacher. Si par hasard un prédateur inexpérimenté vient à en manger une, son goût exécrable s'associera dans son esprit à la couleur rouge et il ne commettra plus la même erreur.

La, les choses s'inversent. Pourquoi les groseilles, parfaitement comestibles, se parent-elles d'une couleur aussi vive ? Oui mais voyez-vous, leur but a elles est précisément d'être mangée, afin que les graines, au sortir du tube digestif de la gourmande bestiole (je vous passe les détails) se retrouve disséminé souvent loin du pied dont il est issu. A l'instar de nombreux autre fruits (cerises, framboises, pommes, cynorhodon, baies de sorbier et j'en passe), elles ont décidées d'être transportée à l'intérieur même de leur "prédateurs", phénomène qui porte le doux nom d'"endozoochorie" (de "endo" = intérieur ; "zoo" = animal et "chor" = disséminer).

Pour finir, une petite photo sympathique prise l'automne dernier. L'écorce de ce rameau mort tombait en lambeaux que le soleil colorait d'une belle couleur rouge-orangée, formant une ligne lumineuse dans le sous-bois de la forêt. C'était plutôt beau.

Certes elles sont rares en ce moment, les traces de rouge autour de nous, mais ce n'est pas une raison pour ne point les chercher. Et puis après tout, on peut bien les attendre jusqu'au printemps.

mercredi 14 novembre 2012

Odysée chromatique #4 : Gris

Le gris c'est de saison ! L'automne est installé, de lourds couvercles nuageux s'installent, la lumière devient diffuse et illumine chaque chose comme en nuances de gris. Et alors commence la longue déprime hivernale, à regretter un été trop vite passé et un printemps trop lointain. Alors je dis non, le gris, aussi décrié soit-il, est une belle couleur. Prenez juste le temps de l'admirer quand il se pare de formes et de motifs particuliers.


Pour commencer, le gris est bien sur la couleur par excellence des constructions humaines. Toutes ces vieilles pierres (ici une partie des remparts de Carcassonne) ont beau ne pas être naturelles, elle n'en ont pas moins un certain charme et un intérêt naturaliste indéniable pour certaines espèces. Nombreuses sont les chauves-souris qui vivent, discrètes et ignorées, dans le recoin sombre d'un quelconque bâtiment. Quand à certaines petites fougères très communes mais également assez discrètes, les vieux murs sont devenus un habitat de substitution très intéressant par rapport aux falaises et rochers qu'elles avaient l'habitude de fréquenter.

Tirant souvent vers le bleu, le gris du ciel est souvent quelque chose de fascinant. Les nuages, ces entités célestes mystérieuses qui fascinent bien des enfants (et des adultes mais ils osent rarement l'avouer), arborent bien souvent fièrement la couleur tant décriée. Oui mais voila, mêlée de lumière, reflétée, rayonnante, elle devient beaucoup plus belle de traverser un peu d'humidité condensée.

 Certains animaux ont fait du gris leur tenue. La Tarente de Maurétanie (Tarentola mauritanica) a su s'habituer à la couleur de nos maisons et présente souvent un teinte grisâtre plus ou moins sombre. Égayant les maisons du Sud de la France, elle viendra guetter les insectes attirés par les lumières installées à l'extérieur, qu'elle gobera avec délectation.

Chez d'autres animaux, la couleur étudiée apparaît indirectement. C'est le cas ici, une toile d'araignée ayant retenu les gouttelettes de la rosée qui forment maintenant les perles d'un mystérieux chapelet suspendu dans la froidure humide de ce mois de Septembre. C'est là un des spectacles que je trouve les plus beau de la nature proche, aussi je vous encourage vivement à essayer de vous dégoter une belle toile, lors d'une journée de brume. Le spectacle vaut le coup d'oeil.

Plus que la plupart des autres couleurs, le gris est créateur d'ambiances bien particulières.
Cette journée de Janvier, le brouillard n'avais pas laissé une fois paraitre l'oeil jaune du soleil, bien décidé à nous noyer dans une humidité omniprésente. Je participais alors à un comptage de Milan royaux (Milvus Milvus) dans le massif central. Malgré l'obstacle important de cet écran, nous cherchâmes et nous trouvâmes les désirés volatiles. Perchés dans des arbres dénués de feuilles ils n'était plus de simples rapaces, les voila devenus épouvantails, silhouette inquiétantes aux formes changeantes. Soudain, juste au dessus de nous, perçant l'épaisse couche de brouillard, une dizaine de ces oiseaux apparaissent, volant droit vers nous en surgissant de la brume. L'instant est magique.

Au lieu de déprimer par les longues et grises journées d'automne, profitez de cette couleur et examinez là d'un peu plus près, elle réserve des surprises. Et si vraiment vous êtes réfractaires, alors cherchez autre choses, les autres nuances n'auront jamais complétement disparu.

lundi 5 novembre 2012

Odysée chromatique #3 : Rose

Troisième épisode de notre recherche des couleurs avec cette fois-ci une nuance assez connotée la plupart du temps. Nous autre humains associons le rose au filles, souvent jeunes, et à quelques autres aspects moins avouables. Et ces sens sous-jacents rendent l'utilisation de cette couleur souvent orientée.
Mais la Nature, qui se prend beaucoup moins la tête que nous autres, ne se gène pas pour peinturlurer toutes sortes de choses avec son pinceau rose. La preuve.

Tout le monde a déjà pu admirer au moins un coucher de soleil flamboyant. Lassé du bleu, le grand peintre céleste se donne alors un petit moment de fantaisie, balançant de grands coup de peinture vive dans tous les sens. Ça ne dure pas longtemps, après quelques minutes le ciel se souvient qu'il n'existe pas de grand peintre céleste et il sombre doucement dans le bleu nuit.

Mis à part cet exemple, il faut bien avouer qu'une très grande partie des occurrences de rose dans notre environnement sont dues à un élément récurent de la photographie nature : les fleurs. Voilà bien une chose dont on pourra trouver des exemplaires quelque soit la nuance recherchée. Quelques exemples de ce que l'on peut trouver au rayon "Rose".

Vous connaissez probablement cette plante, mais sous une autre forme. Cette élégante clochette, suspendue à un rameau coriace, donnera quelques temps plus tard une baie bleu sombre que d'aucun nomment "Myrtille". Eh ben oui, avant d'être une tarte ou un coulis cette denrée est une plante (Vaccinium mytrillium), petit buisson bas des milieux froids à la délicate floraison que voici.

 Même nuance, autre usage, voici la Digitale pourpre (Digitalis purpurea), tirant son nom de la forme de doigts (mouais...) de ses fleurs en grappes pendantes. Affectionnant les endroits perturbés où les autres plantes n'ont pas encore eu le temps de s'installer (ce que l'on appelle une plante pionnière), ce végétal est pareil aux grandes dames des romans du temps jadis, comploteuses élégantes cachant sous leur robes un flacon de poison. Machouillez un morceau de Digitale et vous aurez l'occasion de constater la sévère toxicité de la plante.

 Peuplant comme l'héroïne précédente les lieux ou la concurrence est moindre, l’Épilobe (Epilobium sp.) dresse ses tiges parfois de belle taille (jusqu'à 2 mètres pour certaines espèces) au bout desquelles éclosent gaiement ces soleils roses. Plus tard dans la saison elles laisseront la place à ces longs tubes que l'on voit sur la photo qui s'ouvriront pour laisser s’échapper des graines laineuses que le vent emportera conquérir de nouveaux horizons.

 Le plus étrange pour la fin. Cette image n'est pas issue des plus récentes découvertes extraterrestres ou d'une coupe d'intestin d'éléphant. En fait elle a été prise dans mon jardin, au fond du potager à droite : il s'agit d'une fleur d'artichaut. Au fond cette plante fonctionne un peu comme les humains : elle commence petite, grandit sans faire beaucoup de bruit, s'orne de cheveux colorés quand elle atteint la taille adulte sans pour autant être mûre et finie terne et coriace. C'est beau non ?

Allez, cherchez donc un peu vous aussi, vous pouvez en trouver du rose. Et attention, les garçons aussi.

vendredi 26 octobre 2012

Odyssée chromatique #2 : Jaune

Deuxième round de la série couleurs ! Cette fois-ci occupons-nous d'une nuance vive entre toute, noyons-nous dans la contemplation du jaune.

Contrairement à l'image populaire qu'elles ont, les araignées ne sont pas toutes noires, velues et maléfiques. La bien nommée Argiope frelon (Argiope bruennichi) arbore fièrement ses rayures vives qui intimident tout prédateur ayant déjà eu affaire aux dards des frelons eux-même. Muni de ce déguisement efficace, elle peut se permettre de se dorer au milieu de sa toile tout le jour durant entre Juin et Septembre, devenant énorme à force de farniente et de festin.

L'Arnica (Arnica montana), appartenant à la famille des Asteracées comme la Marguerite, apprécie les espaces ouverts en altitude. Elle peut y déployer à loisir la longue tige au sommet de laquelle éclateront ces fleurs magnifiques que l'on repère de loin. C'est à partir de cette plante que sont confectionnés les petits granulés antidouleur homéopathiques bien connu dans leur petit tube bleu.


Plus étrange, ce champignon mystérieux lance vers le ciel ses bras ramifiés. Haut de ses quelques centimètres, il dépasse à peine de l'épaisse couche de mousse qui l'entoure comme un écrin. Il n'en est que plus délicat.


Hôte des rivières courantes, voici une libellule colorée : le Gomphe à crochets (Onychogomphus uncatus). Patrouillant la surface de l'eau d'un vol rapide et résolu, il n'aime rien tant que s'accorder une bonne pause sur une branche ou un caillou ensoleillé où on pourra l'approcher d'assez près. Mais gare, au moindre mouvement trop brusque l'animal s'envole, observe quelques seconde l'intrus puis va se poser un peu plus loin.

Le meilleur pour la fin, voici une plante que j'ai découvert cet été alors que, pataugeant tant bien que mal dans une tourbière refermée en bénissant l'inventeur des bottes en caoutchouc, je m'évertuais à attraper des libellules bien trop agiles pour moi. Au détour d'un bosquet, me voila nez-à-nez avec un bouquet de ces magnifiques fleur éclatantes. Subjugué, j'ai mené quelques recherches qui m'ont donné le nom de ces belles enchanteresses : l'Ossifrage (Narthecium ossifragum). Ce nom lui a été donné à l'époque ou l'on pensait que sa consommation par le bétail fragilisait les os de ce dernier.

Mais ce n'est pas tout. De très nombreux groupes d'espèces animales ou végétales comprennent au moins un membre arborant cette fière couleur. Alors allez-y, essayez d'en trouver le plus possible. Il s'en trouve partout.